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Publiée le 3 mars 2009

1. Femmes et immigration : les faits

L’immigration actuelle est un phénomène économique, politique et social, conséquence des relations de dépendance entre les pays riches et les pays pauvres, amplifié par le développement des moyens de transport. Plutôt le fait des hommes par le passé, la proportion d’immigrantes a progressé dans l’ensemble du monde. Au cours des 40 dernières années, les femmes ont été presque aussi nombreuses à émigrer que les hommes, en particulier dans le cadre du regroupement familial. Depuis le début des années 1990, l’immigration des femmes a pris une ampleur considérable. La dégradation des conditions de vie due à la crise que traversent de nombreux pays a été à l’origine de ces dernières années d’une féminisation de la migration.

Du fait des circonstances historiques et culturelles de l’immigration en France, les femmes immigrées sont majoritairement venues pour motif familial tandis que les hommes ont immigré essentiellement pour des raisons économiques. Ces circonstances ne sont pas neutres et ont contribué à construire l’image d’une femme immigrée, inactive et dépendante de son mari, confinée dans la sphère domestique et sans grande participation à la vie publique.

La question des femmes immigrées est fréquemment approchée sous l’angle de la double discrimination, en raison de leur sexe et de leur origine, notamment dans le domaine de l’égalité professionnelle... Pour les femmes immigrées, en particulier celles de nationalité étrangère, la question de l’égalité professionnelle se pose de façon aiguë. Leur sous-emploi massif est symptomatique de leur vulnérabilité sur le marché du travail.

En Midi-Pyrénées, la région se caractérise par un taux de chômage pour les femmes étrangères ressortissantes des pays hors UE nettement supérieur au taux de chômage moyen national (53% contre 39%).

Les préoccupations et discriminations, autres que celles liées à l’égalité professionnelle, émergent plus rarement et difficilement, dans la mesure où elles s’exercent fréquemment dans "la vie de tous les jours", voire dans le huis clos familial. Les femmes immigrées, écartelées entre le code de leur famille et les valeurs républicaines, rencontrent des difficultés à être pleinement actrices de leur vie et même à faire respecter leurs droits fondamentaux : accès à la connaissance et à la scolarité, droit à ne pas subir un mariage forcé, voire des mutilations sexuelles féminines.

source CIDFF32 - B. SECERAGIC (Nov.2007)